Au Luxembourg, chaque salarié bénéficie de 11 jours fériés légaux par an.
Ainsi, pour chaque jour férié légal tombant un jour ouvrable, le salarié est dispensé de travailler en vertu de la loi et bénéficie du maintien de sa rémunération, comme s’il avait effectivement travaillé.
Si un jour férié tombe un jour ouvrable non travaillé ou un dimanche, un jour de congé compensatoire est accordé au salarié.
Cela concerne tous les salariés, qu’ils travaillent à temps plein ou à temps partiel. Cependant, leur gestion n’est pas toujours aussi simple, notamment pour les travailleurs à temps partiel.
Pour les salariés à temps plein :
Les 11 jours fériés légaux représentent un total de 88 heures rémunérées par an (11 jours × 8 heures).
Lorsqu’un jour férié légal tombe un jour pendant lequel le salarié aurait normalement travaillé, celui-ci est dispensé de travailler tout en conservant sa rémunération habituelle correspondant aux heures qui auraient dû être prestées.
En revanche, lorsqu’un jour férié légal coïncide avec un dimanche ou avec un jour ouvrable non travaillé prévu par le contrat de travail, le salarié bénéficie d’un jour de congé compensatoire, à prendre conformément aux dispositions légales en vigueur, soit dans un délai de trois mois.
Exemples :
- Si l’horaire de travail d’un salarié s’étend du lundi au vendredi, c’est le samedi qui correspond alors au jour ouvrable non travaillé ;
- Si le salarié travaille du mardi au samedi, le lundi sera pour lui un jour ouvrable non travaillé.
Pour les salariés à temps partiel :
Pour les salariés à temps partiel, le droit aux jours fériés est calculé selon un principe de proportionnalité. Le nombre d’heures fériées auxquelles un salarié peut prétendre dépend directement de son temps de travail hebdomadaire.
La durée moyenne journalière est toujours calculée sur une base de cinq jours ouvrés.
Exemple :
Pour un salarié travaillant 32 heures par semaine du mardi au vendredi, la durée moyenne de travail journalière est de 6,40 heures (32 h ÷ 5 jours). Par conséquent, ce salarié a droit à 11 jours fériés rémunérés à raison de 6,40 heures par jour, soit un total de 70,40 heures fériées sur une année complète (6,40 × 11).
Si un jour férié tombe un jour où le salarié à temps partiel aurait normalement travaillé, soit du mardi au vendredi, il profite de ce jour férié, tout en percevant sa rémunération habituelle. Dans ce cas, l’ITM considère que le salarié a bénéficié de 8 heures de congé.
Pour l’année 2026, cela correspond aux :
- Jeudi 1er janvier
- Vendredi 1er mai
- Jeudi 14 mai
- Mardi 23 juin
- Vendredi 25 décembre
Soit 8 heures multipliées par 5 jours (8×5) : 40 heures de congés, liées aux jours fériés, utilisées.
Si le jour férié tombe un jour où il ne travaille habituellement pas, soit ici le lundi, le samedi et le dimanche, il bénéficie d’un congé compensatoire, à hauteur de la moyenne de son temps de travail hebdomadaire, tout en prenant en compte l’impact des heures fériées tombant sur des jours normalement travaillés.
Pour l’année 2026, cela correspond aux :
- Lundi 6 avril
- Samedi 9 mai
- Samedi 15 août
- Dimanche 1er novembre
- Samedi 26 décembre
Pour ces jours, le salarié récupère 6,40 heures, soit un total de 32 heures (5 jours x 6,40 heures).
Pour rappel, le droit aux heures fériées du salarié, s’élève à 70,40 heures pour l’année.
Il aura déjà utilisé 40 heures avec les jours fériés tombant pendant des jours normalement travaillés.
Il lui restera donc 30,40 heures de congés compensatoires (et non pas 32 heures).
Deux jours fériés le même jour : que prévoit la loi ?
En 2024, deux des onze jours fériés légaux, la Journée de l’Europe et l’Ascension, sont tombés le 9 mai. Le Code du travail a été modifié afin de préciser que les salariés ont droit à un congé compensatoire supplémentaire lorsque deux jours fériés coïncident.
Que se passe-t-il si un jour férié tombe pendant un arrêt maladie ou un congé de maternité ?
Deux situations doivent être distinguées.
Le jour férié tombe un jour normalement travaillé
Le salarié est dispensé de travailler en vertu de la loi et bénéficie du maintien de sa rémunération, comme s’il avait effectivement travaillé.
Le jour férié tombe un jour habituellement non travaillé
Un jour de congé compensatoire est accordé aux salariés.
Qu’en est-il du congé parental à temps plein et à temps partiel ?
Le jour férié tombe pendant une période couverte par le congé parental
Le salarié est indemnisé par la Caisse pour l’avenir des enfants (CAE) et perçoit uniquement son indemnité de congé parental.
Le jour férié tombe un samedi ou un dimanche
Lorsque le jour férié tombe un samedi ou un dimanche, soit un jour non travaillé dans l’entreprise, le salarié en congé parental peut bénéficier d’un congé compensatoire, comme les autres salariés.
Le jour férié tombe pendant un jour non travaillé du congé parental à temps partiel
Le salarié est indemnisé par la Caisse pour l’avenir des enfants (CAE) et perçoit uniquement son indemnité de congé parental. Il n’y a pas de repos compensatoire.
Quel est le délai pour prendre le congé compensatoire ?
En principe, le congé compensatoire doit être pris dans un délai de trois mois à compter du lendemain du jour férié concerné.
Le salarié doit en faire la demande auprès de son employeur dans ce délai. À défaut, le droit au congé compensatoire peut être perdu.
Toutefois, lorsque les besoins de l’entreprise ne permettent pas la prise du congé dans ce délai, celui-ci peut être reporté jusqu’à la fin de l’année civile.
Pour les jours fériés des mois de novembre et décembre, le report peut être accordé jusqu’au 31 mars de l’année suivante.
Peut-on travailler un jour férié ?
En principe, les jours fériés légaux sont chômés par les salariés. Toutefois, certaines activités ou certains secteurs bénéficient de dérogations en raison de la nature de leurs missions ou de la nécessité d’assurer une continuité de service.
C’est notamment le cas de certains établissements de santé, du secteur Horeca, des transports, de la sécurité ou encore de certaines entreprises fonctionnant en continu.
Mais en tout état de cause, le travailleur prestant des heures de travail pendant un jour férié aura droit à une compensation qui pourra varier suivant les dispositions appliquées au niveau de l’activité concernée (paiement des heures travaillées à 300 % ou paiement des heures travaillées associé à des heures de récupération).
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